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Le souci de la propriété

C’est parce qu’un squat est prégnant d’histoires politiques et sociales qu’il est d’emblée visible et envisagé comme l’expression d’un mouvement, dont la signification, scandée par un acte délibérément public de contestation, représente une alternative idéologique aux formes classiques du vivre ensemble. En prenant une ampleur récente, y compris sur un plan international, les « mouvements squats » ont vu leur nature se complexifier et convoquer des réalités sociales fort différentes. On pourrait utiliser une multitude d’axes descriptifs pour en rendre compte et par là, dresser un portait hétéroclite des populations de squatters. Parmi eux, on pourrait très schématiquement distinguer un segment de population socialement fragilisée d’un segment politiquement engagé. Les squats s’appréhendent alors essentiellement sous l’angle de leur fonction sociale et politique, et non du point de vue de leur fonctionnement propre. C’est, en réalité, conjointement vers ces deux pôles que notre texte ira. Pour les voir se conjoindre, il conviendrait, pour commencer, de spécifier l’ensemble varié de motifs d’occupation et de lieux de résistance qui animent les mouvements squats et de les situer en regard de l’évolution des politiques urbaines et sociales. De ce point de vue, la ville de Genève présente un cas de figure sensiblement différent de ce que l’on trouve dans le contexte français. L’expérience genevoise se présente aujourd’hui comme une référence (Noblet, 2002), dès lors qu’il s’agit de décrire l’ampleur prise par le phénomène et sitôt qu’on évoque une politique de tolérance à l’occupation où peut s’affirmer, dans une relative légitimité permise par les pouvoirs publics, un droit au logement. A contrario, la position française semble bien moins encline à accepter l’occupation (illégale) de logements vides et, plus généralement, on remarque que dans la situation passée et présente les habitats collectifs autogérés sont restées, et demeurent, relativement rares. (Full essay download from the resources of this blog).

Marc Breviglieri, Luca Pattaroni

Le souci de la propriété. Vie privée et déclin du militantisme dans un squat genevois, Marc Breviglieri, Luca Pattaroni, in Morel, A., La société des voisins, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, Paris, coll. « Ethnologie de la France », 275-289.

MBLP_le souci de propriété

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